Notre historien Francis Parkman

 

L'histoire peut quelquefois varier selon le point de vue de l'auteur. On peut se rappeler comment la vérité avait été modifiée par les Anglais pour empêcher de Salaberry  d'avoir les honneurs au profit de ces supérieurs qui n'avaient pas levé le petit doigt lors de la fameuse bataille de Châteauguay.

M. Francis Parkman est le seul américain (anglophone) qui s'est intéressé à l'histoire de la Nouvelle-France et l'a écrit. Il nous l'a donc fait connaître d'un autre point de vue, plus réaliste.

Sommaire



Introduction

M. Parkman

Le talent de l’auteur

La série des œuvres historiques

Sa vie

Coup d’oeil d’ensemble

Critique

Appréciation

Conclusion

Épilogue

Mot de la fin

Des livres captivants



Note à propos de la couverture : Une des grilles d’entrée de l’Université Harvard à Boston

de Mbastos / Dreamstime.com


Introduction



Vous connaissez, ou vous ne connaissez pas le Revere House de Boston. C’est l’hôtel fashionable de la ville. C’est au Revere House qu’on a récemment préparé des appartements pour la réception du grand-duc Alexis, lors de son passage.


Il faut avoir visité quelques-uns de ces hôtels princiers des États-Unis, pour se former une idée du luxe qu’exige en voyage le peuple américain, cette grande tribu nomade campée en Amérique.


Au mois de mai de l’année dernière, je montais les degrés du péristyle du Revere House en admirant les deux beaux lions en bronze couchés sur leurs piédestaux de chaque côté de l'escalier, lorsque je fus distrait de mon attention par un étranger qui s’avança vers moi, et vint en souriant me souhaiter la bienvenue.




M. Francis Parkman

Wikipedia



Je reconnus à l'instant mon ancien ami M. Francis Parkman.


Depuis plusieurs années, nous correspondions ensemble sans nous être jamais vus. M. Parkman était venu à Québec pour me rencontrer, j'étais allé à Boston dans le même but. Mais une étrange fatalité nous avait toujours tenus éloignés l'un de l'autre. C'était la première fois que nous avions le plaisir de nous serrer la main.


Après les premiers épanchements de l'amitié, M. Parkman me dit que sa voiture nous attendait à la porte de l'hôtel, et s'offrit à me faire les honneurs de sa ville natale.


Boston, qui a été justement surnommé l'Athènes moderne des États-Unis, est le centre des lettres et des sciences, la capitale intellectuelle de la grande république.


Nous visitâmes ses principales institutions, et particulièrement le célèbre Harvard College, fondé en 1637.


J'y admirai le magnifique musée d'histoire naturelle formé par M. Agassiz, et qui rivalise avec les plus riches musées de l'Europe.


De là nous allâmes rendre visite au célèbre professeur et à son illustre voisin, M. Longfellow, le Lamartine américain. M. Agassiz est une de ces physionomies que l'on n'oublie pas, figure douce et attractive que les calmes études de la science ont empreinte d'une lumineuse sérénité.


Madame Agassiz, née miss Carey, issue d'une opulente famille de Boston, est une femme d'un esprit supérieur. Elle partage les études et les courses scientifiques de son mari, et a écrit ses voyages avec autant de grâce que d'originalité.


L'auteur d’Évangéline est un beau vieillard, aux traits animés, au regard limpide et inspiré. Sa noble figure, la longue et abondante barbe qui tombe en flots de neige sur sa poitrine, lui donnent un air de majesté qui rappelle les bardes ou les voyants des anciens jours. C'est ainsi qu'on se représente Ossian, Baruch, ou le Camoens.


Chez M. Longfellow, comme chez M. Agassiz, le cours de la conversation nous entraîna naturellement à parler du Canada. Ces hommes éminents ne tarissaient pas d'admiration sur la beauté de notre histoire, qu'ils avaient appris à apprécier par la lecture des œuvres de M. Parkman. Pour eux comme pour bien d'autres, cette lecture avait été une révélation.


De son côté, madame Agassiz me parla longuement, avec des larmes dans les yeux et dans la voix, de l'héroïsme de nos premiers missionnaires et de nos fondatrices religieuses.


Déjà, en France, en Angleterre, et dans plusieurs autres parties des États-Unis, j'avais été fier d'entendre faire l'éloge de notre peuple d'après l'auteur des Pioneers.


Mon séjour à Boston acheva de me convaincre des immenses services que M. Parkman a rendus à notre pays par ses travaux historiques.


Un intérêt et une sympathie toute naturelle se rattachent donc à cet écrivain, qui nous a si noblement vengés des odieuses calomnies qu'on a inventées pour avilir le nom et le caractère de nos ancêtres.

 

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